Ils sont renvoyés devant la justice deux ans après les faits. Des policiers, issus des brigades de répression de l’action violente motorisées, les Brav-M, ainsi que des CRS, sont cités à comparaître, jeudi 3 avril à partir de 10 heures, pour “violences par personne dépositaire de l’autorité publique” et “menaces de violences”. L’audience avait été renvoyée par le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 5 septembre 2024. Les policiers mis en cause n’étaient pas présents, mais représentés par leur avocate.
Les faits remontent au 20 mars 2023, en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites, à Paris. Un groupe de sept personnes est interpellé, sans qu’il soit permis d’établir leur participation à la manifestation ou à des dégradations commises à proximité. Dans un enregistrement sonore de 23 minutes, que franceinfo avait pu consulter, on entend les fonctionnaires tenir des propos injurieux et menacer les personnes interpellées, notamment deux étudiants, Salomé, une jeune femme, et Souleyman, seul jeune homme noir du groupe.
“Le procès du maintien de l’ordre”
C’est leur avocat, Arié Alimi, qui a déposé des citations directes en leurs noms, pour d’autres fonctionnaires, alors que le parquet de Bobigny avait seulement ordonné le renvoi devant la justice de deux policiers. Les motifs de citation à comparaître sont élargis : ils concernent des violences à caractère racial et sexiste, ainsi que des faits d’agression sexuelle dénoncés par les victimes pendant les palpations. “C’est la première fois que toute une unité de la Brav-M sera jugée”, a souligné à la sortie de l’audience, en septembre, Arié Alimi, qui considère que leur procès sera celui “de toute une histoire contemporaine du maintien de l’ordre”. Selon l’avocat, neuf policiers sont renvoyés devant la justice jeudi.
Souleyman et Salomé “ont déjà beaucoup attendu, ils acceptent d’attendre encore”, a poursuivi leur avocat. Présents à l’audience le 5 septembre 2024, tous les deux espèrent que l’intégralité des policiers cités à comparaître seront présents jeudi et qu’ils répondront “à la justice à visage découvert”, alors qu’ils étaient casqués face aux manifestants en mars 2023.