Plus de quatre ans et demi après le vol de dix lémuriens et deux tamarins au zoo d’Upie (Drôme), deux hommes ont été condamnés, mardi 1er avril, à 18 mois de prison ferme par le tribunal de Valence, a appris “ici Drôme Ardèche” à l’audience. Il s’agit de deux multirécidivistes (17 et 22 condamnations) : un Ardéchois de 40 ans et un Grenoblois de 26 ans. Ils devront également indemniser le parc.
Dix lémuriens et deux tamarins du zoo d’Upie avaient été volés dans la nuit du 22 au 23 août 2021. Huit d’entre eux avaient été retrouvés dans la foulée, récupérés dans le fourgon d’un couple d’Ardéchois à Livron-sur-Drôme, une semaine après le vol. Le conducteur avait affirmé n’être que le receleur, il transportait dans son coffre deux cages contenant huit lémuriens. L’homme avait été mis en examen pour recel de vol aggravé et placé en détention en attendant son procès. Sa compagne avait été libérée à cause de son état de santé.
“J’ai juste acheté un lémurien mille euros sur Snapchat”
Lors de sa garde à vue, le conducteur du fourgon avait mis en cause un Grenoblois. Des renseignements anonymes reçus par les gendarmes, des vidéos sur Snapchat et des écoutes téléphoniques avaient permis de remonter jusqu’au voleur présumé. Ce dernier a été interpellé chez lui et déféré. Il avait contesté avoir participé au vol, mais avait également été mis en examen pour vol aggravé et placé en détention.
Au procès, le Grenoblois a continué de nier en bloc une quelconque participation. “J’ai juste acheté un lémurien mille euros sur Snapchat”, comme l’a constaté à l’audience “ici Drôme Ardèche”. Le receleur se défend lui aussi : “On m’a juste demandé de récupérer ces “affaires” et de les garder un peu “, a-t-il déclaré à l’audience. Sa formule a fait bondir la procureure. “Ce ne sont pas des affaires mais des animaux vivants que vous avez entassés dans des cages à lapins ! On en parle de la maltraitance animale ? “, a tonné la magistrate.
“C’est du vol d’espèces protégées et il y a eu de la maltraitance”
Le propriétaire du parc, Alexandre Liauzu, a regretté mardi à la sortie de l’audience “qu’aucune association de défense des animaux n’ait été à [ses] côtés”. Il répète que “c’est du vol d’espèces protégées et il y a eu de la maltraitance. Pourtant personne ne nous a soutenus”. Or les deux prévenus n’ont été condamnés “que pour vol par ruse alors que c’est un vrai trafic d’animaux, c’est un peu décevant car on n’a pas vraiment cherché plus loin”, ajoute le propriétaire du zoo, qui se félicite quand même que la justice soit passée “si longtemps après”.
Les deux condamnés devront aussi verser 6 000 euros au zoo d’Upie pour les dommages et intérêts et rembourser les 1 800 euros de franchise d’assurance pour les travaux de réparation de la clôture. Mais un lémurien et deux tamarins volés au zoo n’ont toujours pas été retrouvés.